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MICHEL 1

CHAMPAGNE

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PETITE HISTOIRE DU CHAMPAGNE

L'adage qui dit que le Champagne est "Mérité dans la victoire, nécessaire dans la défaite" ne parle-t-il pas de lui-même ?
 
Son auteur reste inconnu mais il nous confirme un des rôles du Champagne :
Délecter les vainqueurs et consoler les perdants.

 

UN PEU D'HISTOIRE.

Des feuilles de vigne fossilisées ont été retrouvées dans les environs de Sézanne, dans l'Aube et ont été datées de 60 millions d'années par les spécialiste. 

En 92 l'empereur romain Domitien (51-96), ordonne à ses troupes l'arrachage total des pieds de vigne de cette région, pour protéger les vins de Rome.
Probus, qui lui succéda plus tard, leva cette décision en 280.
La commune de Verzy, dans la Montagne de Reims, a un passé viticole qui remonte à l'an 700.

Le vin de Champagne était célèbre bien avant d'être effervescent. Ainsi peut-on trouver de nombreuses traces des vins d' Epernay dès le IXe siècle. La culture de la vigne était alors vivement encouragée par les cloîtres environnants. De grandes foires avaient lieu dans la région et furent l'occasion d'étendre rapidement la renommée des vins que l'on y produisait.
Plus tard, au XVIe siècle, le pape Léon X était propriétaire de son propre vignoble en région Champenoise, comme d'ailleurs plusieurs rois de France, d'Angleterre ou d'Espagne.
Tous ces souverains contribuèrent d'ailleurs activement à forger la renommée du Champagne.

Les vins Champenois de l'époque sont rouges, peu colorés, aromatiques et tranquilles (non pétillants). Les bulles que nous connaissons aujourd'hui ne sont en fait que le résultat d'un accident. Ce dernier est entièrement naturel et savamment entretenu par les vignerons Champenois. Notons qu'à cette époque les bulles étaient synonymes de mauvaise vinification. Le vin bouillonnait dans les tonneaux, dès le printemps suivant la vendange. On parlait alors de "Vin du diable" 

S' il est difficile de dire qui a pu "inventer" le Champagne, il est intéressant de connaître l'histoire de Dom Pierre PERIGNON. Les écrivains nous rapportent que ce moine Bénédictin vivait à l'abbaye de Hautvillers il y à trois siècles. Celui-ci avait de grands dons de vinificateur et essaya , entre autres, de produire un vin, le plus clair possible, à partir des meilleurs Pinots noirs. Il préconisait une vendange soignée suivie d'un pressurage rapide. Il assemblait ensuite les différents crus de son choix. C'est en 1690 qu' il parvint à obtenir un vin blanc à partir de Pinot Noir. Il joua également un rôle majeur dans l'évolution du prix de son vin. Certains lui attribuent également l'invention du collage pour éclaircir le vin ainsi que la préconisation de l'utilisation de la flûte pour déguster son breuvage. Même si cela nous semble faire beaucoup pour un seul homme, pourquoi ne pas se laisser séduire par ce que d'autres présentent comme une légende ?

Bien que la première mention du vin de Champagne "pétillant" fut faite par un auteur Anglais, en 1664, à cette époque, le processus amenant les vins à pétiller n'était pas encore maîtrisé. Certaines années, les bulles semblaient refuser de se former. D'autres fois, la seconde fermentation était tellement soudaine que les bouteilles explosaient. Les ouvriers étaient alors contraints de porter des masques pour se protéger de ces "accidents".

Il fallut alors apprivoiser la technique de la seconde fermentation pour ne plus subir les affres de sa bonne volonté. En effet, un producteur pouvait alors voir toute sa production partir en éclats. Beaucoup de faillites furent ainsi constatées. De nombreuses fortunes aussi, pour ceux qui obtenaient cette fameuse deuxième fermentation sans dommages.
En France, la mode du Champagne effervescent fut lancée par le duc d'Orléans, en 1712. Néanmoins, 90% de la production vinicole de la région était encore de vins tranquilles, blancs ou rouges.

La première véritable "Maison" de Champagne, comme nous l'entendons encore aujourd'hui, fut crée par un autre moine, Dom RUINART en 1729.Ce furent ainsi les négociants, à l'assise financière plus large que les moines, qui firent évoluer le contrôle de la vinification et la fabrication de bouteilles plus résistantes. Ils introduisent aussi le dégorgement en 1813. Sept ans plus tard apparaît la mécanisation du bouchage et les muselets sont installés pour maintenir les bouchons en place. C'est enfin en 1837 que l'on parvient à connaître plus précisément les quantités de sucre à incorporer au vin pour engager avec fiabilité la seconde fermentation. La Champagne ne connaît plus alors que 5% de bouteilles "explosives". Ce taux est aujourd'hui tombé à 1%. 
Dès la fin du XIXe siècle, la production de Champagne devient une énorme machine industrielle et commerciale qui ne peut plus être comparée avec les autres régions productrices de vin, encore de nos jours.

 

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