françois mitterand
| François Mitterand | |
| Début du mandat | 10-05-1981 |
| Fin du mandat | 07-05-1995 |
| Durée du mandat | 14 ans |

|
||||
|
|
| 1981-1995 : Le temps des alternances |
|
|||
|
|
|
Tout en soutenant devant le Bundestag en janvier 1983 le déploiement en Europe de missiles américains Pershing II auquel s'opposait alors un mouvement pacifiste puissant en Allemagne, le Président Mitterrand n'hésite pas à s'écarter parfois de son allié américain dans un certain nombre de domaines : l'aide au développement défendue par le discours de Cancún au Mexique en 1981, une position favorable à l'annulation de la dette des pays les moins avancés, la politique suivie au Proche-Orient (défense du droit des Palestiniens à disposer d'un État) ou les négociations sur le commerce international (cycle de l'Uruguay du GATT). La France ne renonce pas à sa voie propre, tout en se joignant aux opérations militaires autorisées par les Nations unies lors de l'invasion du Koweït par l'Iraq (1990) et lors des interventions à vocation essentiellement humanitaire en Somalie et dans l'ex-Yougoslavie. |
|
L'option européenne a fait l'objet d'une grande continuité d'orientation et d'action portant sur le Système monétaire européen, le Marché unique entré en vigueur le 1er janvier 1993, la coopération politique et diplomatique et la décision de faire élire le Parlement européen au suffrage universel. Cet effort a abouti à la signature du traité sur l'Union européenne, à Maastricht (Pays-Bas), le 7 février 1992, qui prévoit notamment de créer une monnaie unique et permet d'étendre le champ de la coopération aux domaines social, culturel, à la politique étrangère et à la sécurité (cf chapitre 7). Le vif débat provoqué en France par ce traité et le résultat serré du référendum du 20 septembre 1992 qui a autorisé sa ratification par 51,04 % contre 48,95 %, ont révélé les interrogations de la population quant aux moyens choisis pour conduire la politique européenne, perçue souvent comme technocratique et lointaine. En particulier, la fronde des agriculteurs s'est manifestée face à la nouvelle Politique agricole commune (PAC), fixant des quotas de production, réglementant la jachère et les compléments de revenus, et abandonnant les subventions. Elle a montré que les mentalités ne se trouvaient pas toujours en phase avec les projets politiques. En dépit de ces débats internes, témoignages d'une vie politique traditionnellement animée, les Français restent dans leur ensemble fortement attachés au rôle particulier de leur pays dans la construction harmonieuse du continent européen ; ils sont convaincus de l'importance pour leur nation de contribuer à la recherche de solutions pacifiques aux troubles survenant dans le monde. |