rené coty
| René Coty | 1841-1931 |
| Début du mandat | 22-12-1953 |
| Fin du mandat | 08-01-1959 |
| Durée du mandat | 6 ans |

Président à partir de 1946 du groupe des indépendants à l'Assemblée nationale, il fut élu président de la République en 1953, et succéda à Vincent Auriol en 1954. Il transmit ses fonctions présidentielles au général de Gaulle en 1959.
Il fut inhumé au cimetière Sainte-Marie du Havre (Seine-Maritime).

8 janvier 1959 - Le
jeudi 8 janvier 1959, René Coty accueille sur les marches du perron de l'Elysée
son successeur, élu le 21 décembre précédent par 57 000 des 74 000
" grands électeurs " : le général de Gaulle devient
le dix-huitième président de la République depuis Louis-Napoléon Bonaparte
en 1848.
Cinq ans plus tôt, le samedi 16 janvier 1954, René Coty s'était installé à
l'Élysée après avoir été élu président de la République le 23 décembre
précédent par le Congrès du Parlement à Versailles, au treizième tour de
scrutin.
Le septennat interrompu de René Coty a donné lieu à des études moins
nombreuses que celles qui ont été consacrées à son prédécesseur, Vincent
Auriol, premier président de la Quatrième République, et surtout à ses
successeurs.
Il est vrai que la période 1954-1958 met davantage l'accent sur le rôle des
présidents du conseil que sur celui du chef de l'État. La politique se fait
plus à l'hôtel Matignon et à l'Assemblée nationale qu'à l'Élysée. Ainsi
d'ailleurs l'a voulu la Constitution de 1946.
Huit présidents du conseil se succèdent pendant la présidence de René
Coty : Joseph Laniel, Pierre Mendés France, Edgar Faure, Guy Mollet,
Maurice Bourgès-Maunoury, Félix Gaillard, Pierre Pflimlin et Charles de Gaulle,
soit un indépendant, quatre radicaux-socialistes, un SFIO, un MRP et... un
gaulliste. La fin de la guerre d'Indochine, le début de la guerre d'Algérie,
l'expédition de Suez, la crise du 13 mai 1958, notamment, ponctuent cette
époque.
Les pouvoirs du président de la République étaient particulièrement
restreints. Il " inaugure les chrysanthèmes ", ironisera
cruellement de Gaulle. René Coty en donne lui-même un témoignage éloquent en
mentionnant dans ses notes à la date du 21 février 1956 :
" Hier, pendant le dîner, téléphone de Guy Mollet qui m'annonce que
Chaban et Lemaire entrent au gouvernement. " C'est ainsi que le chef
de l'État était informé des décisions que venait de prendre le chef du
gouvernement !
Et pourtant, malgré les apparences, René Coty joue dans cette période un
rôle de premier plan. Non seulement il est le président de la transition entre
la République parlementaire et la République gaullienne, mais il est un des
premiers à dénoncer les défauts du système de la Quatrième République. Il
est vrai que ce qu'il conteste surtout, c'est le jeu des partis,
l'impossibilité de dégager une majorité cohérente, les déviations imposées
à la règle de droit. Il souhaite avant tout la restauration de l'autorité du
Parlement, représentant direct de la souveraineté nationale. Le président de
la République n'est pas, selon lui, et ne doit pas être, le chef de
l'exécutif, mais le garant du respect d'une Constitution avant tout
parlementaire. René Coty est, en effet, un parlementaire chevronné et sage,
qui à soixante et onze ans accède à la charge suprême. Pour lui, l'histoire
ne progresse pas par bonds.
Elu député de Seine-Maritime en 1923 (il est né au Havre le 20 mars 1882),
sénateur en 1935, secrétaire d'État pendant huit jours sous la Troisième
République, ministre de la reconstruction pendant un an sous la Quatrième, il
a peu de pratique gouvernementale, et demeure attaché au régime d'Assemblée.
La démocratie directe, le recours au peuple, lui sont des notions étrangères,
voire dangereuses. Il est toutefois conscient de la nécessité des réformes,
et en 1956 il va jusqu'à déclarer à Verdun que la révision des institutions
est " une tâche primordiale ". Mais, étonné de son
audace, il ajoute : " Que le président de la République puisse
vous tenir un tel langage n'est pas un vain propos. C'est un signe. "
Durant son " quinquennat " il s'est efforcé d'user de son
autorité plus morale et politique que concrète, par exemple en nommant Guy
Mollet président du conseil de préférence à Pierre Mendès France et en
menaçant à plusieurs reprises de démissionner.
Cependant, convaincu en 1958 de la nécessité d'un recours à de Gaulle, il
obtient que les formes constitutionnelles et parlementaires du retour au pouvoir
du chef de la France libre soient scrupuleusement respectées. Ces scrupules et
la dignité avec laquelle il accueille à l'Élysée le 8 janvier 1959
" le premier des Français qui est désormais le premier en
France " sont unanimement salués.